Lauréate du prix spécial « Lausanne, ville de sport » lors de la cérémonie annuelle des « récompenses aux sportifs lausannois méritants » lundi soir, Sarah Atcho, recordwoman de Suisse du 4x100m, a accepté de revenir sur sa saison, de parler de la suivante et de sa vie professionnelle.

Bonjour Sarah, merci de nous accorder un peu de temps. Que signifie cette récompense pour vous?

Tout d’abord, j’ai été surprise, même très surprise, car pour remporter ce prix, il faut, en principe, avoir obtenu un titre national dans l’année.

Cependant, vous avez déjà été championne de Suisse et, au vu de votre saison, la récompense semble méritée, non?

Peut-être, mais ça reste un cas particulier. Bien évidemment, je suis honorée de l’avoir reçue.

Racontez-nous votre année sportive, quel est votre ressenti?

On peut parler de frustration. Alors oui, j’ai amélioré mes chronomètres, participé aux championnats d’Europe, mais quand on se rend à de tels événements, c’est pour figurer en haut du tableau. J’échoue de très peu pour atteindre la finale du 200 m à Berlin (NDLR : un centième) et je termine quatrième avec le relais. C’est difficile à accepter. En athlétisme, le niveau est de plus en plus élevé et pour être au top, il faut travailler dur. Je suis exigeante avec moi-même et je ne suis jamais satisfaite à 100%. Après si je prends du recul, je vois bien que c’est ma meilleure saison au niveau chronométrique et j’ai battu des records.

Selon vous, qu’est-ce qu’il vous a manqué pour viser plus haut?

J’ai oublié d’être relax. Il y a beaucoup de pression durant de tels événements. J’ai peut-être négligé les valeurs premières de notre sport.

C’est-à-dire?

Je pratique l’athlétisme pour m’amuser, pour mon plaisir. Ce sont ces aspects qu’il faut mettre en avant et non pas les objectifs ou les résultats.

Donc, nous n’osons pas vous demander vos attentes pour la saison prochaine…

(Rires) Oui vous pouvez, c’est votre travail, mais je ne répondrai plus de la même manière. Les objectifs et les temps, je le laisse dorénavant aux autres. Je veux courir pour le plaisir. En 2019, j’aimerais retrouver cette notion de plaisir.

Cette saison, vous avez brillé à Athletissima (Reportage de notre photographe), c’est LE rendez-vous pour vous, en tant que Vaudoise. Est-ce que vous êtes impatiente de retourner à La Pontaise?

Oui, bien sûr, je me réjouis de revenir à Lausanne. On y a battu le record de Suisse du 4x100m (NDLR : avec Mujinga Kambundji, Ajla Del Ponte et Salomé Kora). C’est de très bons souvenirs.

L’athlétisme occupe une grande partie de votre vie, mais il n’y a pas que ça. Que faites-vous à côté du sport?

Je suis en train de préparer mon Bachelor de marketing et communication à Genève à l’ESM. Je suis actuellement en deuxième année, car je le fais sur trois ans, vu que j’ai des horaires aménagés pour le sport. Ça aurait été possible dans une université publique, mais ça aurait été bien compliqué.

Tout a l’air d’aller bien pour vous, qu’est-ce qu’on pourrait vous souhaiter pour l’année 2019?

(Réflexion) J’aimerais retrouver cette notion de plaisir, même si je pratique un sport de haut niveau. Je voudrais également franchir mes propres limites et travailler sur moi-même pour encore m’améliorer.

Merci et bonne suite Sarah

(Crédit photo de couverture: Vertical Element)