J’ai enfin entrepris quelque chose à côté du hockey sur glace. C’était il y a un an. J’avais 29 ans et depuis que je me suis posé pour de bon dans un endroit pour un certain nombre d’années, j’ai sauté le pas, car depuis mes débuts professionnels, je n’ai pas vraiment eu de contrats longue durée. Avec Lausanne, c’est différent, j’ai la chance d’être installé dans une ville et de pouvoir profiter de ma situation.
joël Genazzi joueur du LHC
“Je me suis inscrit à des cours pour devenir entraîneur” (Crédit photo: Vertical Element – LM)
Je me suis inscrit à des cours pour devenir entraîneur, organisés par l’association des joueurs et Swiss Olympic. Ceux-ci sont réservés à des gars aguerris qui ont au moins 500 matchs en Ligue Nationale ou 40 sélections avec le Suisse. Pour favoriser le déroulement de cette formation, elle a lieu en été, sur six jours. Cet été, j’ai côtoyé des hommes comme Martin Gerber, les frères Von Arx, Tristan Scherwey ou encore mon coéquipier Etienne Froidevaux.
“Sur 500 hockeyeurs en herbe, un deviendra professionnel”
Depuis l’âge de 19 ans, je vis pour le hockey. Alors que maintenant les jeunes, grâce à des formations spéciales, pensent à ce sport, et uniquement à lui, dès 12 ans. J’ai fait une formation à l’issue de ma scolarité obligatoire : l’école de commerce. C’était mes deux seuls papiers. Et quand tu sors de l’adolescence comme moi, et tu as l’opportunité d’être pro, tu ne réfléchis pas vraiment à tes études (grand sourire). Tu as envie de percer, d’être à 100%, voire même bien plus pour être sûr de réussir dans ton entreprise. Sur 500 juniors qui débutent le hockey sur glace, un deviendra professionnel. Quand j’évoque ces chiffres, je m’estime privilégié. Je ne souhaite jeter la pierre à personne… Le système veut ça…, mais dans les clubs, personne ne fait attention à ce que tu fais en dehors de la glace… L’important, c’est tes performances. L’essentiel est de ne pas oublier qui tu es et surtout qu’après le hockey, il y a une vie… Et même si à ce moment-là, tu vis de ta passion, à fond, et que tu es heureux, il ne faut jamais omettre de préparer ton après-carrière.
“Si tu te blesses, tu es hors circuit”
Une carrière est faite de hauts et de bas. Si tu te blesses, tu te situes un peu hors du circuit… Bien sûr que tu vas à la patinoire et soutiens tes coéquipiers, mais finalement tu ne fais pas partie des 22 gars sur la feuille de match. Gentiment, tu es mis à l’écart… La blessure est une notion bien particulière… Un pourcentage très haut de joueurs évoluent avec une douleur quelque part ! Et si, un jour, tu vois un hockeyeur ne pas retourner sur la glace, c’est qu’il est vraiment au bout… Il ne peut pas supporter plus…
“Je suis chanceux de vivre de ma passion”
Je fais toutes ces théories pour dire quelque chose quand même (rires). La vie de pro est difficile, alors oui je suis chanceux de vivre de et pour ma passion, mais nous sommes tous dans une bulle. Le quotidien de chaque hockeyeur est réglé comme du papier à musique. Fin avril, début mai, tu reprends déjà la préparation physique. En août, tu retrouves la glace avec des matchs amicaux, en septembre, les parties à enjeu recommencent… Il y a les pauses de l’équipe nationale, « mais » j’ai la chance d’être régulièrement convoqué. Une saison passe si vite. Ensuite l’année se finit, ou il y a encore les championnats du monde pour les plus talentueux.   Au niveau des vacances, nous sommes un peu comme des employés « normaux », nous avons quatre à cinq semaines… Deux ou trois après la clôture du championnat et deux fin juin ou début juillet, ça dépend du club, de la saison … Celles-ci sont tellement importantes. Elles te permettent de sortir de ta bulle, de vivre autre chose, loin de cette pression quotidienne que procure le hockey. Chaque joueur, pour être au top, doit connaître son équilibre, découvrir ce qui lui tient à cœur et qui l’aide à respirer. J’ai, à 30 ans, trouvé cet équilibre, gentiment, grâce à mon entourage, ma copine et également les cours d’entraîneur. Ça me sert à m’échapper de cette bulle, qui peut se montrer piégeuse. Dès que je peux, et maintenant que j’ai un âge un peu plus avancé, j’essaie de conseiller les plus jeunes et les motiver à suivre des cours à côté. Car le hockey, c’est beau, magnifique, une passion sans égal, une chance de pratiquer la chose que je chéris le plus, mais il ne faut pas oublier qu’il y avait une vie avant et surtout après, et que le hockey sur glace n’est pas éternel, même si j’espère continuer après ma carrière de joueur dans ce domaine.

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Lien sur l’article original sur Joël Genazzi