Un samedi ensoleillé, naviguant sur les quais du Montreux Jazz Festival pour la première fois cette année, je retrouve celui-ci quasiment inchangé, comme un ami qu’on n’a pas revu depuis une année et qui n’a pas pris une ride, mais plutôt quelques bonnes résolutions.

J’ai le temps de flâner avant le concert de “Emma Ruth Rundle” et à force de détour et de retrouvailles avec des copains, je me retrouve à son showcase, 45 minutes avant son concert au Lab, sur la terrasse de la RTS. Une chance!

Au fil des questions et des deux morceaux interprétés on peut déjà se rendre compte que c’est une artiste qui vit ses textes et ne va pas simplement nous les livrer aseptisés.

Il est temps de rejoindre le Lab pour, ce qui s’annonce, un grand moment. Attendue par une salle à moitié remplie, elle s’avance seule, guitare à la main.

Les premiers accords sont doux, mais intenses, et chaque montée en puissance est maîtrisée, l’équilibre chant-guitare est maintenu, on est emporté par cette voix emplie de sentiments à fleur de peau.

Une profondeur de voix, qui rappelle “London Grammar”, mais pas dénuée d’influences métal qui font penser à certains morceaux de “Staind”.

La salle s’est entièrement remplie avant la fin du concert, c’est un succès! Un must pour ceux qui aiment le folk rock qui prend aux tripes.

Le temps d’un changement de plateau, les fans purs et durs se sont amassés devant la scène, prêts à vivre un moment d’exception avec “Alice In Chains” groupe mythique de la scène grunge métal des années 90.

Tapis d’Orient au sol, chaises de bar et luminaires dignes d’un MTV unplugged, pour ceux qui se rappellent de l’époque ou la chaîne TV passait encore de la musique.

Détendu, le groupe s’installe gentiment sous les acclamations du public déjà dévoué à leur cause. Une session acoustique toute en douceur, qui donne parfois envie que les riffs se fassent plus puissants et les voix plus déchirées.

En fermant les yeux, les notes qui se cassent dans l’air et la voix un peu râpeuse de Jerry Cantrell font ressortir le côté grunge du groupe qui me font esquisser un sourire me rappelant ma première écoute de Nevermind de “Nirvana”.

Une impression d’être venu contempler une bien belle oeuvre qui ravive des souvenirs de jeunesse agréables. Je ne louperais que le dernier morceau de ce set d’une heure.

David Canova